Krishna

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Le 12/06/2019 SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ

Après avoir par malchance effacer tout le contenue des cassettes de leur vidéoclub Mike et Jerry pour cacher le désastre au père du premier décident de re-tourner tous les films avec leur caméra et un budget de 0 $... Deux personnages azimutés, une comédie débridée et surtout la nostalgie d’une époque où le cinéma était plus une question de passion et d’imagination que d’argent.

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Le 29/05/2019 ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND

Lorsque leur relation bat de l’aile un couple décide de suivre une thérapie consistant à effacer de la mémoire de chacun d’eux le souve- nir de l’autre... « Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur: la possibilité d’oublier », cette phrase de Nietzsche illustre parfaitement le thème central du film le plus connu de Michel Gondry.

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Le 22/05/2019 PAPA EST EN VOYAGE D'AFFAIRES

Yougoslavie - années 50, à l'époque de la rupture entre Tito et Staline. Par vengeance, Mesa est envoyé en camp de travail pour avoir dénigrer un caricature hostile à Staline. La famille présente au jeune Malik l'envoi en camp de travail de son père comme un long voyage d'affaires... En une succession de scènes de famille filmées avec sagacité et humour, et interprétées par des acteurs désarmants de vérité, Kusturica nous fait découvrir une page sombre de l'histoire de son pays. Palme d’or et Prix de la Critique internationale à Cannes 1985

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Le 18/05/2019 SARAJEVO : STATE IN TIME

En 1995, cela fait trois ans et demi que les habitants de Sarajevo vivent en état de siège. Alors qu’ils sont nombreux à prendre les armes, une autre forme de résistance se met en place : la culture permet d’affirmer leur humanité. C’est dans ce climat d’urgence humanitaire et artistique que Laibach et les artistes du NSK traversent l’ex-Yougoslavie en flammes jusqu’à Sarajevo pour y organiser une exposition et un concert. Sobre et touchant, SARAJEVO : STATE IN TIME donne la parole à ceux qui ont écrit ce pan de l’histoire et à ceux qui ont vécu l’événement, considéré aujourd’hui comme un des plus importants du siège.

Le 15/05/2019 L'envers d'une histoire

Une porte condamnée dans un appartement de Belgrade révèle l'histoire d'une famille et d'un pays dans la tourmente. Tandis que la réalisatrice entame une conversation avec sa mère, le portrait intime cède la place à son parcours de révolutionnaire, à son combat contre les fantômes qui hantent la Serbie, dix ans après la révolution démocratique et la chute de Slobodan Milosevic. L’Envers d’une histoire porte un autre regard sur l’ex-Yougoslavie et la résistance non-violente en Serbie qui résonne aujourd’hui encore comme une urgence européenne

Le 7/05/2019 La Randonnée

Mercredi 7 mai 2019 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle "Grands espaces, Grand écran "(4/4)

LA RANDONNÉE / WALKABOUT

(Nicolas ROEG - Australie-UK - 1971 - 100 min)

" Nicolas Roeg m’a fait comprendre que, grâce au montage,
il était possible de juxtaposer des événements, des petits faits apparemment sans relations entre eux,
et de créer ainsi un sentiment d’hyperréalisme : cela m’a beaucoup influencé."
[Guillermo del Toro, avril 2009].

Se réapproprier le monde !
Hypnotique

C'est l'effet que produit la "balade sauvage" à laquelle nous convie Nicolas Roeg dans Walkaboutméditation panthéiste et cruelle sur la société occidentale et les rapports troublés entre l'homme et la nature. Après quelques plans furtifs d'une métropole bruissante, où l'activité humaine semble incessante, le cinéaste arrache à la "civilisation" une adolescente et son petit frère pour les projeter, seuls, dans une vaste étendue désertique. C'est alors que leur trajectoire de survie commence – ou plutôt, leur réapprentissage de la vie. Car il s'agit bien du parcours initiatique de deux enfants qui, à travers leur odyssée sauvage et leur rencontre avec un jeune Aborigène, vont peu à peu se réapproprier le monde.
Mais Walkabout n'est pas un hymne pastoral et candide à la Nature. Malgré la majesté des paysages et la chaude lumière qui vient caresser les personnages, Nicolas Roeg filme les dangers qui guettent les enfants à leur insu, à l'instar de Charles Laughton dans La nuit du chasseur : ici un python, là un scorpion, plus loin encore un étrange animal qui en dévore un autre et, bien entendu, l'omniprésence d'un soleil implacable brûlant tout sur son passage. Face à cette nature parfois hostile, le jeune Aborigène se révèle un guide bienveillant avec les deux Occidentaux. Et surtout, le cinéaste montre qu'entre êtres humains, la communication peut s'établir, en dépit de la barrière de la langue. Dans cette magnifique relation qui se tisse entre les trois protagonistes, le petit garçon est un médiateur poétique, dans la grande tradition du cinéma fantastique où les enfants assurent le lien entre le monde réel et le fantasmagorique. Décidément, Walkabout n'en finit pas de dévoiler ses merveilles…[Franck Garbaz, dossier de presse du distributeur]

De film en film, Nicolas Roeg a su bâtir une oeuvre d’une indéniable cohérence, tant stylistique que thématique, qui parvient dans sa diversité même à se centrer autour d’une obsession : la nature humaine et ses failles, l’individu, sa place au sein de l’univers, son rapport à ses propres pulsions. Réalisé en 1971 et écrit par Edward Bond (qui adapte le roman de James Vance Marshall), Walkabout,son deuxième film, prend la forme d’un récit initiatique évoquant le périple de deux jeunes anglais – une jeune fille et son petit frère perdus dans le désert australien – et leur rencontre avec un adolescent aborigène devant faire son « Walkabout » soit l’apprentissage de la vie en apprenant à survivre seul au sein du territoire.
De cette réunion impossible de deux civilisations, va naître une communication au-delà du langage, la découverte de l’univers se faisant l’écho du passage d’un âge à un autre. Humaniste désabusé, Roeg conçoit le cinéma comme un vecteur de réflexion philosophique sur le comportement humain. Qu’il aborde le fantastique (Don’t look now), la science fiction (L’homme qui venait d’ailleurs) ou le drame passionnel (Bad Timing), il raconte la même histoire, la nôtre, avec un attachement quasi ethnologique à la dichotomie entre homme primitif et homme civilisé, libre ou sociabilisé, entre l’instinct et l’intellect. Ici, il confronte l’image du modèle social à celle du bon sauvage à travers la rencontre entre celui qui ne connaît pas la civilisation et celle qui en est le produit. Bad Timing déclinera le même thème lorsqu’il dissèquera le sentiment amoureux en opposant l’hédonisme instinctif de son héroïne au bon sens intellectuel d’un héros bien sous tout rapport, parfait citoyen dissimulant la pulsion la plus animale, symbole de la supercherie sociale. [Olivier Rossignot (culturopoing.com)]

Le 02/04/2019 JEAN-FRANCOIS I EL SENTIT DE LA VIDA

Mardi 2 avril 2019 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

En partenariat avec le Festival OJO LOCO

JEAN-FRANÇOIS I EL SENTIT DE LA VIDA

(Sergi PORTABELLA - Espagne - 2018 - 95 min)

Dans son premier long-métrage, Portabella (scénariste de El fin del mundo será en Brasil, 2013) traite ici la détresse adolescente avec une finesse loin de tout pathos dans une fuite ingénue vers la France. Elle dénote cependant une certaine invraisemblance et une impuissance de la part des adultes : l'adolescent est à la dérive, personne (ni sa mère, ni la directrice de l'école, ni son psy) ne parvient à l'aider, ce qui le pousse à fuir vers Paris. Comme si cette fuite pouvait gommer ses problèmes d'enfant différent. Le film se transforme en quête existentielle dans un monde où les adultes n'ont pas leur place : Francesc se donne une nouvelle identité en devenant Jean-François, il enlève son patch, découvre l'amour et la soif d'aventure. Tout devient possible, sa vie peut changer ; il s'ouvre au monde et renie sa propre identité.
Si le ton triste et dramatique est planté d'emblée dans un cauchemar de Francesc (celui de sa propre mort), le reste du film cherche néanmoins à aller vers la comédie ironique sous fond de musique classique et rock. Les acteurs plantent à la perfection leurs personnages en quête d'un sens pour leur propre vie. L'équilibre entre le dramatique et la légèreté est parfait. [...]
Une belle ode à l'adolescence qui nous rappelle, à l'heure d'internet, qu'il faut vivre et croire en ses rêves. Aurore Kusy [cinespagne.com]

Le 30/04/2019 Il était une fois en Anatolie

Mardi 30 avril 2019 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle "Grands espaces, Grand écran "(3/3)

IL ÉTAIT UNE FOIS EN ANATOLIE
Festival de Cannes 2011: Grand Prix

Meilleur film au Festival international du film de Dublin 2012

(NURI BILGE CEYLAN - Turquie/Bosnie-Herzégovine - 2011 - 157 min)

" Il était une fois en Anatolie a la beauté des films rares et fiers, minoritaires dans leur époque."

Ce qui est neuf, c’est la Turquie. Les films de Ceylan sont issus d’un pays qui a été marginal dans l’histoire du cinéma, nous donnant de ses nouvelles et nous permettant de vérifier en quoi il nous ressemble et nous dissemble.
Et puis, si ce cinéma du plan large, de la durée et de l’introspection n’est pas nouveau, à l’heure des écrans réduits (que reste-t-il d’un plan large sur un iPhone ?), de la vitesse et de la technologie triomphante, sa lenteur désabusée et son ampleur contemplative en ressortent avec plus d’acuité. 
[Serge Kaganski, Les Inrocks - 01 novembre 2011]

Le déroulement de l'un des grands films de ce Festival de Cannes, 2 h 37 magistrales, au cours desquelles ce poète ténébreux qu'est le Turc Nuri Bilge Ceylan illustre ce que veut dire faire du cinéma : sonder la faiblesse des hommes et leurs désirs, évoquer ce qui transparaît d'âme dans leurs silences et ce que leurs obsessions traduisent de soucis quotidiens, communiquer des sensations, coller au temps qui passe, brouiller les notions de documentaire et de fiction.
Il était une fois en Anatolie nous raconte une histoire, avec la densité romanesque d'un Dostoïevski, sa dextérité à mêler les styles (réaliste, tragique, bouffon) et à nourrir l'intrigue de digressions. Par la plausibilité des faits qu'elle dépeint, le rythme avec lequel elle les égrène, la précision tour à tour juridique et chirurgicale qui y est observée, cette histoire colle si précisément au réel que l'on pourrait la comparer avec la manière dont un Raymond Depardon ou un Fred Wiseman enregistrent faits divers, travaux de police ou audiences de tribunal. La façon dont s'y écoulent les heures rappelle le chemin de croix infernal du moribond ballotté dans l'enfer des urgences médicales de La Mort de Dante Lazarescu, du Roumain Cristi Piu (2006). [Jean-Luc Douin, Le Monde,14 avril 2011]

En resserrant le cadre sur l’intime, le cinéaste opère un glissement de l’observation des paramètres sociaux (professionnels, idéels) de son échiquier vers un questionnement paradoxalement plus absolu de la morale et de son rapport à la légalité. Bilge Ceylan sait faire sentir la réflexion sans l’expliciter afin de donner, après, davantage d’ampleur à sa manifestation en actes. A nous donc, de deviner ce que renferment ces longs silences des personnages. Cela suppose un effort d’investissement du spectateur dans le film. Le suspense particulier qui peut dès lors émerger et qui décuple la portée émotionnelle d’actes en eux-mêmes minimes (celui, final, du médecin) n’est pas à négliger. Il montre bien qu’Il était une fois en Anatolie ne révèle pas d’un cinéma du « rien », mais d’un cinéma du subtil, qui lutte contre la passivité du spectateur. [31 août 2011(silence-action.com)]

Ceylan s’inscrit ainsi clairement dans une esthétique de l’opacité, où les différents régimes d’être s’entremêlent et se parasitent : l’errance des personnages à travers la nuit vaut aussi pour le spectateur, qui, entre le vrai et le faux, le signifiant et l’insignifiant, est forcé de trouver un chemin, sans savoir à quoi tout cela est censé aboutir. Il était une fois en Anatolie prend la forme d’une dérive, le film bégaie, l’objet de la quête se dilue, ceci pour mieux aboutir au dessein du cinéaste : la dissection de l’âme humaine – pour laquelle sa passion est avérée, il cite Dostoïevski à l’envi comme source d’inspiration. Car s’il est un point d’arrivée dans ce langoureux cheminement, c’est bien celui de l’autopsie du corps, finalement retrouvé ligoté au petit matin. Seulement perçue par le son – précis et très évocateur –, la dissection agit comme un miroir, l’aboutissement d’un film dont l’objet est bien de révéler une intériorité impénétrable. [Arnaud Hée, Olivia Cooper Hadjian, critikat.com]

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Le 10/04/2019 2001: L'odyssée de l'Espace

Mercredi 10 avril 2019 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle "Grands espaces, Grand écran "(2/4)

2001, L'ODYSSÉE DE L'ESPACE

(Stanley KUBRICK - États-Unis - 1964 - 154 min)

" Le metteur en scène a conçu un film qui a frappé soudain de vieillissement tout le cinéma de science-fiction, au risque de décevoir les "spécialistes" qui n'y retrouvaient pas matérialisés leurs chers extraterrestres et de rendre perplexes les "amateurs" par l'audace de sa narration." [Michel Ciment].

Stanley Kubrick sur son film:
« J'ai essayé de créer une expérience visuelle, qui contourne l'entendement et ses constructions verbales, pour pénétrer directement l'inconscient avec son contenu émotionnel et philosophique. J'ai voulu que le film soit une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur à un niveau profond de conscience, juste comme la musique ; « expliquer » une symphonie de Beethoven, ce serait l'émasculer en érigeant une barrière artificielle entre la conception et l'appréciation. »
« Quand un film a de la substance ou de la subtilité, on ne peut jamais en parler de manière complète. C'est souvent à côté de la plaque et forcément simpliste. La vérité a trop de facettes pour se résumer en cinq lignes. Généralement, si le travail est bon, rien de ce qu'on en dit n'est pertinent. »
« Vous êtes libres de vous interroger tant que vous voulez sur le sens philosophique et allégorique du film — et une telle interrogation est une indication qu'il a réussi à amener le public à un niveau avancé — mais je ne veux pas donner une grille de lecture précise pour 2001 que tout spectateur se sentirait obligé de suivre de peur de ne pas en saisir la signification. »
 

 

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