Cycle En Cavale

Cycle En Cavale (3)

Le 30/01/2019 LA BALADE SAUVAGE

LA BALADE SAUVAGE
Badlands - Terence Malick - USA - 1975 - 94 min MERCREDI 30 JANVIER à 20h

Au fin fond du Dakota, face à l’incompréhension et l’hostilité de leur entourage, une jeune fille naïve et son boy-friend se lancent dans une cavale sanglante et désespérée.

Dès son premier film Malick pose les fondements de son œuvre à venir, l’incommunicabilité entre les êtres et la nature transcendante. La gueule d’amour de Martin Sheen et la fragilité de Sissy Spacek font le reste

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Le 16/09/2019 TUEZ CHARLEY VARRICK !

Mercredi 16 janvier 2019 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle " En cavale " (2/3)

TUEZ CHARLEY VARRICK / CHARLEY VARRICK

(DON SIEGEL - États-Unis - 1973 - 111 min)

Par ses thrillers violents, oppressants, réalisés avec une technique très efficace et une belle économie de moyens, Donald Siegel " le Don " a signé A bout portant (1964), remake des Tueurs de Siodmak, Le Prix d'un meurtre (1965), Police sur la ville (1968) avec Richard Widmark. En 1968, c'est la rencontre avec Clint Eastwood avec Un shérif à New-York, un film qui casse les règles du polar classique. Clint Eastwood devient, sous la direction de Don Siegel, l'Inspecteur Harry, flic ambigu, frôlant l'illégalité et dénonçant la mansuétude dont bénéficient les criminels. Réalisateur et acteur vont y gagner une réputation de " fascistes " que la cinéphilie balaiera..

« Tuez Charley Varrick ! », un braqueur s’évapore
Une visible absence d’émotions, ou la volonté de rendre celles-ci illisibles, est typique de cette époque
A cette volonté de créer une impression d’authenticité, volonté qui s’exprimera encore durant le film, s’ajoute la peinture d’un personnage qui semble imperméable à l’émotion. Charley Varrick, devenu veuf au cours de l’attaque de la banque, paraît à peine affecté par l’événement et semble tout entier concentré sur son objectif, se mettre définitivement hors d’atteinte de ceux qui le traquent, en sacrifiant sans états d’âme son complice impatient.
Cette visible absence d’émotions, ou, en tout cas, cette volonté de rendre celles-ci illisibles, est typique, là aussi, d’une période où les cinéastes pouvaient mettre à distance les possibilités pour les spectateurs de s’identifier aux personnages. Le film s’attache en effet à suivre un individu, génialement incarné par Walter Mathau, plus célèbre pour le couple qu’il formait avec Jack Lemmon dans les comédies de Billy Wilder (superbe paradoxe), apparemment dénué d’affect.
Quête métaphysique
Or à quoi s’applique le comportementalisme strict d’un récit cinématographique qui colle aux actions d’un personnage parfois opaque ? A mettre à nu le processus par lequel le protagoniste va organiser sa propre disparition, va gommer toute trace de son existence passée. Deux ans plus tard, Michelangelo Antonioni filmait sensiblement la même histoire, le récit d’un homme qui s’évapore en revêtant une nouvelle identité.
L’effacement du héros pouvait certes être lu comme une allégorie plus générale sur les théories d’alors annonçant « la fin du sujet ». Si, dans Profession : reporter, le personnage de David Locke (Jack Nicholson) se dissolvait dans la peau d’un autre, c’était pour résoudre une angoisse plus existentielle – échapper à la réalité en général –, plus purement symbolique, que celle d’un Charley Varrick, soucieux surtout de fuir la mafia et la police.
Mais si les péripéties du film d’Antonioni – trafic d’armes et menaces des services secrets – le rapprochaient vaguement des conventions du thriller, l’obstination de Varrick à disparaître du monde ne pourrait-elle pas aussi être lue comme l’expression d’une quête tout autant métaphysi-que que concrète ? [Jean-François Rauger • Le Monde, 05 juillet 2017]

 

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Le 09/01/2019 Thelma et Louis

 

Mercredi 9 janvier 2019 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle " En cavale " (1/3)

THELMA ET  LOUISE

(Ridley SCOTT - États-Unis - 1991 - 119 min) 

"Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain." (Horace).
" De nombreux mots passent dans ma tête tels que : prison, interrogatoires,
chaise électrique, condamnation à perpétuité, des choses de ce genre… 
Et tu me demandes si je veux sortir vivante ?" 
(in Thelma & Louise).

Je me souviens avoir regardé Thelma & Louise avec ma mère au moment de sa sortie en 1991. Étudiante à l’époque, je devais être rentrée à la maison pour les vacances. Je me souviens que nous l’avions aimé, et que nous étions même à deux doigts de lui trouver zéro défaut. Et, évidemment, nous n’étions pas d’accord sur la fin, mais impossible de me rappeler qui soutenait quoi.
En revanche, je me souviens parfaitement qu’en 1991, Thelma & Louise c’était le film qu’il fallait voir; pendant des mois après sa sortie, cet été-là, il fut au cœur de nombreux éditoriaux et de polémiques à la télé. Tout comme Do The Right Thing en 1989 ou Fahrenheit 9/11 en 2004, ce road movie de Ridley Scott sur deux filles en cavale fut LE sujet de conversation incontournable de 1991.
Vingt ans après, Thelma & Louise reste dans l’inconscient collectif un film révolutionnaire qui a marqué son époque, un film qui a un « avant » et un « après ». Aucun tour d’horizon des films sur l’empowerment des femmes (empowerment ! Ca ne vous donne pas un coup de nostalgie des années 1990 ?) ne serait complet sans lui. Mais Thelma & Louise est-il aujourd’hui davantage qu’un jalon du féminisme? Est-ce un jalon du féminisme, d’ailleurs? Est-ce même un bon film?
20 ans plus tard, toujours aussi drôle
Ce qui me saute aux yeux en revoyant Thelma & Louise, c’est que ce film est resté très drôle. Geena Davis et Susan Sarandon pètent le feu, elles sont à la fois réjouissantes et splendides dans le rôle de la ménagère et de la serveuse de l’Arkansas dont le week-end entre filles tourne à la cavale criminelle à travers plusieurs États. Brad Pitt, l’autostoppeur sexy qui séduit puis dévalise la crédule Thelma (Davis) fait encore agréablement tressaillir et se demander mais qui c’est ce type? La Thunderbird 1966 décapotable verte de Louise se détache superbement sur les rochers rouge vif du désert du sud-ouest.[...]
Une grande partie du plaisir que procure ce fantasme où la justice est faite par les victimes vient des films que nous sommes bien conscients de ne pas être en train de regarder: ce n’est pas Bonnie et Clyde, ni Le démon des armes, ni La balade sauvage, ni aucun des innombrables road movies dans lesquels deux hors-la-loi hétéros tombent ensemble dans un embrasement de gloire romantique. Thelma & Louise associe intentionnellement l’énergie nihiliste du genre et l’embrasement euphorique de la culture Oprah Winfrey qui n’en était qu’à ses balbutiements. Il nous fait prendre l’enchaînement de mauvaises décisions prises par ses héroïnes pour un souffle de libération personnelle.
Dana Stevens (Slate, 3 février 2011. Traduit par Bérengère Viennot).

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