Le 24/01/2018 Péché Mortel

Mercredi 24 janvier 2018 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

En partenariat avec le 10è Festival des Maudits films

Péché mortel / Leave Her To Heaven
John Stahl (États-Unis, 1945 - 110 mn)

Tourné la même année que Duel in the Sun (Duel au soleil), Leave her to heaven est au « film noir» ce que le film de King Vidor,
produit par David O. Selznick, est au western : une œuvre passionnée et fulgurante qui utilise
avec génie les tons du Technicolor de l’époque,devenus ici un élément dramatique indispensable."

 [Patrick Brion – Le film noir – Editions de La Martinière, 2004, p. 103)]

Gene Tierney
Plus impétueuse que calculatrice, elle est l’une des figures les plus troubles du « film noir» hollywoodien et la composition volontairement retenue de Gene Tierney, constamment en retrait par rapport à des sentiments qu’elle aurait pu extérioriser, s’est révélée un choix surprenant et parfaitement réussi. Raison de plus pour regretter que Gene Tierney, nommée pour les Oscars, ait été battue in extremis par Joan Crawford, pour son interprétation dans Mildred Pierce. [Le film noir, Patrick Brion, Editions de la La Martinière (2004), p. 106]

Une oeuvre passionnée et fulgurante qui utilise avec génie les tons du Technicolor de l'époque, devenu ici un élément dramatique insdipensable.
Les couleurs du Technicolor, parfaitement conservées, constituent peut-être ce qu’il y a de plus nostalgique dans ce film. Et c’est dans cette nostalgie que réside ce qu’il faut bien appeler un transfert du sujet du film. Bien sûr, l’histoire de l’amour et de la trahison des deux amants puis la mort d’Ellen ne se sont pas évaporées du regard du spectateur d’aujourd’hui. Tout comme le dialogue, le découpage, le montage, le jeu sans faille des acteurs. Tous ces éléments qui constituent la mise en scène sont relayés par un intérêt qui déborde peu à peu tous les autres : les couleurs du Technicolor. En désirant épouser de plus en plus fidèlement le réel et en utilisant des couleurs de plus en plus réalistes, c’est-à-dire neutres, le cinéma d’aujourd’hui s’est détaché de ses propres fondements et de sa propre réalité cinématographique.
Les couleurs de Péché mortel modifient notre regard. Le film de John Stahl n’est qu’une suite de magnifiques cartes postales enfilées les unes à la suite des autres. Et qu’est-ce qu’une carte postale ? Un moment de bonheur, un souvenir, un message, l’amitié, l’amour, la passion...
Les bleus, les roses, les rouges, les verts de Péché mortel séduisent et bercent notre regard. C’est kitsch, c’est baroque, dites-vous ? Oui, car ici seules comptent les couleurs. Je ne connais que très peu de films récents dans lesquels la couleur est si brillamment utilisée pour sa forme et pour son sujet : je citerais volontiers Hamlet, ce film anglais très rare de Celestino Coronado, Coup de coeur de Francis Ford Coppola, Hammet de Wim Wenders, Passion de Jean-Luc Godard.
[Gérard Courant, Cinéma 81, n° 273, septembre 1981].

 

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