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Ethno et cinéma

Ethno et cinéma (1)

L'Homme d'Aran

Mercredi 18 novembre 2015 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)
En partenariat avec les "Rencontres Ethnologie et cinéma"
L'Homme d'Aran (Man of Aran)
Robert J. Flaherty (GB - 1934)

« Une histoire doit tirer sa substance de la vie d'un peuple entier et non des actes de quelques individus. »
Robert Flaherty

« L'homme aux prises avec la menace naturelle forme le plus puissant conflit du monde.
Dans mes films, je tente d' évoquer ce conflit dans la vie quotidienne des êtres,
en suivant 
une gradation dramatique, tout comme fait n'importe quel film. »
Robert Flaherty [in Film Weekly, cité par François Niney dans L'épreuve du réel à l'écran, éd. De Boeck/université]. 

Robert J. Flaherty
Flaherty fût un des plus grands cinéastes contemporrains qui transcenda totalement le genre dit "documentaire", ses films étant à la fois des témoignages précis et d'admirables poèmes. Il était né le 16 février 1884 à Iron Mountain (Michigan). Il entreprit quatre expéditions dans les régions sub-artiques de l'Est Canada, explora l'archipel Belcher Islands dans la Baie d'Hudson ainsi que le Nord de L'ungava (1910-16). Auteur de livres de voyages et de monographies, marié avec Frances Hubbard Flaherty - sa plus fidèle collaboratrice -, violoniste de talent épris de Corelli et de Mozart, il se révéla auteur de films avec le célèbre Nanouk présenté en 1922.
                                                                           Les Cahiers du cinéma, n° 4 (juillet-août 1951), p. 53.

Le documentaire parfait selon Robert Flaherty : "L'Homme d'Aran"
Robert Flaherty est généralement considéré comme le meilleur documentariste au monde. Et L'Homme d'Aran, tourné en 1934, est probablement son film le plus parfait. Flaherty a posé ses caméras sur trois petites îles rocailleuses, au large de l'Irlande. Il n'y a ni arbres, ni terre, juste des cailloux et des pierres. Pendant les tempêtes hivernales, les îles sont presque submergées. Le film décrit la lutte de l'homme d'Aran contre la mer. Un garçon attrape un crabe, quelques poules vont et viennent. Un mouton et un chien s'asoupisssent. La mère appelle son fils, ils vont ensemble accueillir le bateau à rames qui revient. Difficile de récupérer les filets parmi les vagues gigantesques.
La subsistance quotidienne, c'est la pomme de terre. Pour la faire pousser, la femme transporte des algues sur son dos. Il faut casser les pierres pour trouver un rien de terre. Depuis des milliers d'années, l'homme d'Aran trouve la terre dans les failles des rochers. Voici enfin la pêche traditionnelle du requin pèlerin, le plus gros poisson de l'Atlantique, peut-être même du monde. Les pêcheurs harponnent la bête: il faut deux longs jours de lutte pour en venir à bout. Bientôt, la graisse du requin servira à allumer les lampes. Dans un chaudron, on clarifie l'huile provenant du foie.
La mère et le fils attendent le retour des hommes. Les éléments rudes et majestueux dominent cette vie communautaire, où l'on se tient les coudes pour survivre. On peut juste imaginer le goût fabuleux des pommes de terre arrachées au désert.
                                                                                                              Louis Skorecki, Libération (20 mars 1995).

Du bord d’une falaise, un gamin jette une ligne à la mer, la laisse se dérouler, puis se place en position d’attente. Ses gestes sont appliqués. Pas comme ceux d’un acteur qui mime une action, mais comme ceux d’un enfant qui joue pour lui-même. Cette différence fait tout le prix de L’Homme d’Aran, faux documentaire et vrai grand film que Robert Flaherty réalisa de 1932 à 1934 sur Inishmore, la plus grande des trois îles qui forment l’archipel d’Aran, au large des côtes ouest de l’Irlande. Faux documentaire, parce que la famille dont il décrit l’existence n’est pas une vraie famille, que ses faits et gestes sont mimés pour la caméra, parce que si la tempête qui secoue la dernière séquence est, bien sûr, réelle, il y avait déjà longtemps que les habitants d’Aran avaient cessé de chasser le requin au harpon. Vrai grand film, parce que le combat de l’homme face à la nature a inspiré à Flaherty des images d’une beauté et d’un lyrisme renversants, et dont le modernisme demeure saisissant plus d’un demi-siècle après.
                                                                                                                                 Les Films du Paradoxe.

Peu de film, dans toute l'histoire du cinéma, auront comme L'Homme d'Aran, construit leur propre mythologie. Phare de haute mer, construction aux limites de l'art et de l'humanité, Man of Aran doit avant tout sa qualité de film mythologique à sa facture, sa gueule, sa définition biologique. Film mi-homme, mi-bête, mi-documentaire, mi-fiction, il ressemble comme deux gouttes d'eau à son sujet : c'est un film-île, âpre, salé, unique, solitaire, isolé et désolé. Lorsqu'il l'a tourné, entre 1932 et 1934, Robert Joseph Flaherty n'avait qu'un but, qu'une seule mission : peindre, étreindre, embrasser la vie d'un tout petit peuple de marins irlandais, aggrippés à un bout de terre rocailleuse perdue dans l'Atlantique. (…) Citadelle inexpugnable, L'Homme d'Aran est resté solitaire dans son génie, son hypothèse d'un cinéma documentaire tout en démiurgies et passions, sa prodigieuse hauteur ; c'est sans doute pourquoi il garde aujourd'hui entières ses vertus transfiguratives, intact son pouvoir d'émerveillement et si crue, si brutale, sa force d'émotion.
                                                                                                       Olivier Seguret, Libération (28 janvier 1995).

Note: On trouvera en fichier téléchargeable un très bel article d'Isabelle Le Corff [Revue LISA] sur L’Irlande et le documentaire à travers le parcours controversé de L’Homme d’Aran.

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