La Joie dans la cruxifiction

La Joie dans la cruxifiction (2)

La Vie de Brian

Mercredi 8 octobre 2014, 20h
Monty Python: La Vie de Brian
Monty Python's Life of Brian 
(Terry Jones, GB - 1978)

Salle Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)
Il faut être anglais pour plaisanter ainsi, en démarrant sur l’évangile et en embrayant sur les homosexuels, les juifs et les groupuscules révolutionnaires. La Vie de Brian est un savoureux et explosif petit antidote à des tas de ces choses de la vie moderne qu’on rencontre dans la rue et qu’on lit dans nos journaux.
P.-L. T. Positif, n° 230 (Mai 1980), p. 77.
 
Monty Python, ainsi s’appelle un groupe d’assez incroyables zozos britanniques qui pratiquent, comme d’autres de leurs compatriotes le cricket, ce sport très anglais qui consiste à caracoler dans le « non-sensique » pour nous culbuter dans le fou-rire. Naturalisé américain, ce genre de comique très particulier a donné le toujours insurpassable et toujours délectable Helzapoppin, et plus près de nous, Woody Allen et Mel Brook. Naturalisé français, ça s’est appelé Pierre Dac et les Branquignols, de plaisante mémoire – et puis après, le désert (Tati et Etaix cultivent un comique d’un autre ordre).
Jean-Louis Bory, Rectangle multiple. Cinéma VII, 1975-1976.
Coll. 10-18, Union Générale d’Editions, p. 146.
Un sacré scandale
Pensant que les réactions seront moins hostiles qu’en Angleterre, où les groupes de pression religieuses ont manifesté leur colère dès le début du tournage du film, la production décide de sortir La Vie de Brian d’abord aux Etats- Unis, en août 1979. Mais les dignitaires américains des différents religions ne tardent pas à réagir : le Rabbin Hecht déclare ainsi «Je serais fou de joie si ce film retournait là même où il a été produit : en EnferLa Vie de Brian est également condamné par les Eglises protestante et catholique, un représentant de cette dernière considérant comme un «péché» le fait d’aller voir le film. Ces exhortations ont surtout pour effet de susciter la curiosité des spectateurs, et le film connaît un grand succès public.
Lors de la sortie du film en Grande-Bretagne en septembre 1979, une association baptisée Festival of light tente d’empêcher le film d’obtenir un visa d’exploitation, mais elle ne parvient pas à ses fins. Le film sera cependant interdit dans certaines municipalités. Le film sera interdit en Norvège pendant quelques mois, en Irlande jusqu’en 1987, et en Italie jusqu’en 1990. Dix ans plus tard, et dans un registre différent, un autre film mettant en scène Jésus, La Dernière tentation du Christ de Martin Scorsese déclenchera des réactions plus violente encore. [...]
Fiche Cinéma [s] LE FRANCE
 

 

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Ben Hur

Mercredi 1er octobre 2014, 20h:
Ouverture de la saison
Ben-Hur (William Wyler, USA - 1959)
Salle Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)
En partenariat avec l'Université de Grenoble
 
Rangé au panthéon des films mythiques, Ben-Hur marqua le point culminant de la carrière de William Wyler: avec ses onze Oscars et ses quatorze millions d’entrées en France, l’œuvre fut l’une des dernières grandes démonstrations de la démesure hollywoodienne de l’âge d’or des Studios.
 
L'épic à l'américaine dont Ben-Hur, tant celui de William Wyler que celui de Fred Niblo, reste le prototype n'est pas purement et simplement assimilable au "péplum" spécialité latine. Il a ses enjeux propres, ses thèmes, ses figures de style. S'il est souvent proche d'une esthétique néo-classique ou saint-sulpicienne, s'il applique des règles de raccourci scénaristique qui, pour ne pas étonner Hollywood, ont fait régulièrement grincer les dents des historiens les plus pointilleux, l'épic est souvent plus intelligent, plus subtil ou plus divertissant que sa réputation le laisserait entendre.
Jean A. Gili et Christian Viviani, Introduction au dossier "L'Antiquité à Hollywood". Positif, n° 468 (Février 2000).
 
Trente-quatre ans après Fred Niblo, William Wyler s’attaque à son tour au roman de Lew Wallace. Il bénéficie d’un budget considérable, de la couleur et du grand écran, pour réaliser ce fastueux film d’aventures. Excellent directeur d’acteurs et habile metteur en scène de drames psychologiques, Wyler eut la chance d’êre parfaitement secondé : Richard Thorpe dirigea les magnifiques scènes navales ; Andrew Marton et Yakima Canutt, deux vétérans du genre, mirent trois mois pour tourner la course de chars, dont la stupéfiante beauté mérite à elle seule de ne pas manquer le film. Une occasion pour rappeler, à ce sujet, que Sergio Leone, à qui on a souvent attribué la paternité de cette séquence, n’en était que l’assistant… La qualité de l’interprétation, de Jack Hawkins à Cathy O’Donnel, sans oublier naturellement le couple antagoniste Charlton Heston, Stephen Boyd, contribue à la réussite du film et à l’émotion que l’on peut ressentir en le revoyant. Aujourd’hui comme il y a trente ans, « Ben Hur » demeure un superbe spectacle.
André Moreau, Télérama, n° 2554 (23 décembre 1998).

 

 

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