Corruption

Corruption (4)

Le 23/05/2018 La Corruption

LA CORRUPTION La corruzione – Mauro Bolognini – Italie – 1963 82 min. MERCREDI 23 MAI à 20h Le jeune fils d’un riche industriel découvre combien il est difficile d’échapper au destin qui vous est promis. Bolognini signe un film toujours cruellement d’actualité sur la corruption des âmes et des cœurs qui est au centre de cette réflexion acerbe sur le pouvoir du matérialisme triom- phant des années 60
En savoir plus...

Le 16/05/2018 Les salauds dorment en paix

LES SALAUDS DORMENT EN PAIX Warui yatsu Hodo yoku nemuru– Akira Kurosawa – Japon – 1960 – 151 min. MERCREDI 16 MAI à 20h Alors que se déroule la cérémonie de ma- riage entre sa fille et son secrétaire, le vice-directeur Iwabuchi se retrouve au cœur d'une tempête médiatique sur fond de corruption et de marchés truqués. Premier film produit par Kurosawa Pro- ductions, entreprise créée par Akira Ku- rosawa «l’empereur du cinéma japonais» pour acquérir davantage d'indépendance dans le choix de ses sujets.
En savoir plus...

Le 02/05/2018 Main basse sur la ville

Mercredi 2 mai 2018 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle " Corruption " (2/4)

Main basse sur la ville / Le Mani sulla città
Lion d’or, Venise 1963
Francesco ROSI (Italie, 1963 - 103 mn)

En 1995, Francesco Rosi déclarait à propos de son œuvre cinématographique :
Avec mes films, j’ai cherché avant tout à comprendre mon pays et à le raconter à travers un instrument, le cinéma qui, parmi les moyens de communication et de connaissance dont nous disposons, est celui qui nous permet, dans les ombres qui prennent vie sur l’écran, de reconnaître nos espoirs, nos échecs et nos victoires, d’accentuer nos doutes et de réfléchir à la façon de transformer ces doutes en force pour la conquête du mieux par le moyen de la raison. J’ai toujours cru en la fonction du cinéma en tant que dénonciateur et témoin de la réalité, et en tant que support d’histoires dans lesquelles les enfants puissent connaître leur pères et en tirer un enseignement afin de se former un jugement dont l’Histoire serait la référence. Le cinéma est Histoire et en tant que tel il devrait devenir dans toutes les écoles du monde un complément indispensable de l’enseignement. "

Né en 1922, Rosi quitte sa Naples natale pour tenter sa chance dans le cinéma. Le jeune étudiant monte à Rome où rapidement, il devient assistant de Luchino Visconti. Pour La terre tremble en 1948, puis Bellissima (1951) et Senso (1954). Sur le plateau, Rosi fait tout : script, story-boarder, assistant à la mise en scène, directeur de casting, décorateur... tout en aidant d'autres réalisateurs sur leurs plateaux, tels que Monicelli, Matarazzo ou Antonioni. De fil en aiguille, le napolitain co-réalise Kean avec Vitorrio Gassman puis met en scène, enfin seul, ses deux premiers films en 1958 : Le défiet Profession magliari. Dès ses premières oeuvres se dessine une évidence : l'exigence, née de la fréquentation assidue des salles et d'une passion pour les films noirs américains, ceux de Jules Dassin, de Robert Siodmak, de John Huston ou d'Elia Kazan. Soit des oeuvres populaires aux forts accents sociaux, dont le rythme nerveux n'occulte jamais la société qui les entoure. De cette passion, Rosi gardera un vrai sens du spectacle, même dans ses films les plus politiques. Ainsi, Main basse sur la ville, plongée documentaire dans la technocratie napolitaine, n'en oublie jamais son but premier : parler aux foules, saisir le spectateur pour ne le lâcher qu'à la fin de son enquête. Tourné dans un magnifique format large noir et blanc, le quatrième long-métrage de Francesco Rosi emprunte d'ailleurs au cinéma américain un faste et un sens du rythme digne des meilleurs thrillers : le montage énergique et la science du cadre en imposent d'emblée dans une scène de conseil municipal qui n'est pas sans rappeler les plus belles heures du film de procès américain. Là, dans un décor confiné de salle de mairie, Rosi multiplie les changements d'axes, d'échelles de plans, alternant plongées et contre-plongées pour mieux épouser la frénésie des débats. Même maestria dans une des scènes clé du film, qui voit un taudis s'effondrer sur ses habitants. En trois minutes, Rosi combine tout le spectaculaire du cinéma américain avec le néo-réalisme italien. Fils spirituel de Visconti, Rosi a hérité de son maître une approche formelle éblouissante et un sens aigu de l'Histoire. A Rosseliini, qu'il admire et qui a tant compté pour le cinéma italien d'après-guerre, il emprunte la perspicacité de l'artiste sur son pays d'origine, mélange de pédagogie documentaire et d'acuité politique. [Ronny Chester, dvdclassik.com].

Main basse sur la villeprend fréquemment des allures de film noir, avec une musique à la Melville, un montage très rapide, et une caméra qui change en permanence de perspective et de point de vue. Rythmé par des réunions en sous-main filmées dans une obscurité angoissante (comme la plupart du film), Rosi donne la mesure d’une impossibilité de transparence : comme le dit de Vita, « Tout est en règle mais c’est la règle qui ne va pas ! » Terrifiant, effrayant à plusieurs titres, le film de Francesco Rosi fonctionne sur l’opposition constante : opposition entre le peuple qui refuse de s’en aller face aux constructeurs, opposition entre Nottola et De Vita lors d’une scène particulièrement réussie de confrontation. Nottola montre à son collègue député la modernité de ses immeubles, il est devant lui, mais la caméra prend le point de vue de De Vita, contemplant Nottola au-dessus de la ville, dans une position de régnant sur un balcon, position aussi de l’accusé dans un tribunal.
Mêlant une atmosphère policière et une profonde réflexion sur la responsabilité en politique, Francesco Rosi est l’héritier du néo-réalisme de Rossellini dans la volonté de faire des films comme on commet un acte politique. Mais, comme Rossellini, il dépasse la simple description en la sublimant, en jouant des cadres dramatiques : il utilise le cinéma et ses possibilités pour se faire l’écho d’une réalité sociale, réalité qui n’a pas tellement bougé depuis. [Ariane Beauvillard, critikat.com]

 

En savoir plus...

Le 25/04/2018 La soif du mal

Mercredi 25 avril 2018 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle " Corruption " (1/4)

La Soif du Mal / Touch of Evil

Orson WELLES (États-Unis, 1958 - 95 mn)

" Dis-moi mon avenir ". " Tu n'en as pas ". " Comment ça ? ".
" Ton avenir est épuisé."
 
Tana (Marlene Dietrich) à Quilan (Orson Welles).
" Welles, comme Chaplin ou Hitchcock, sont de ces monuments
auxquels il faudrait consacrer un volume
 " (B. Tavernier).

La critique des "experts du cinéma"
« (…) pour un créateur véritable une histoire, quelle qu’elle soit, n’est qu’un prétexte, et (…) les servitudes du film policier n’ont jamais été de celles qui brident irrémédiablement un talent. La Soif du Mal ne devait être qu’un film de troisième catégorie. S’il est autre chose, c’est qu’Orson Welles y a posé sa griffe et que cette griffe est celle d’un grand fauve de l’écran. »
(Jean de Baroncelli Le Monde – 7 juin 1958).
« Orson Welles démontre une fois de plus qu’il n’est pas de petit sujet pour un grand artiste. D’un roman policier courant, fait par n’importe qui, il a tiré une œuvre d’art étrange et noire, d’un style admirable, pleine de cette poésie puissante et saugrenue qui s’épanouissait dans La dame de Shanghai. (…) La Soif du mal, en plus de toutes ses richesses poétiques, plastiques, intellectuelles, est un film passionnant, aussi passionnant qu’un bon film policier. »
(Carrefour – 11 juin 1958).
« Jeu (intellectuel) de cache-cache ou expression sincère d’un tourment personnel ! Le film de Welles est tout à la fois, passionnant et haïssable. La mise en scène, fondée sur des travellings interminables et de savants effets de profondeur de champ, est d’un brio prodigieux. »
(Jean RougerieuxImage et Son N°113 – Juin 1958).
« C’est un film qui nous humilie un peu parce qu’il est celui d’un homme qui pense beaucoup plus vite que nous, beaucoup mieux et qui nous jette à la figure une image merveilleuse alors que nous sommes encore sous l’éblouissement de la précédente. D’où cette rapidité, ce vertige, cette accélération qui nous entraîne vers l’ivresse. Qu’il nous reste toutefois suffisamment de goût, de sensibilité et d’intuition pour admettre que cela est grand et que cela est beau. »
(François Truffaut Arts – 4 Juin 1958).
« Mêlant les longues prises acrobatiques aux plans courts et aux flashes d’un éclat violent, Welles fait passer à travers tout son film un rythme prodigieux, une sorte de mélodie de la vitesse qui précipite cette aventure vers son dénouement tragique. Tant de sûreté et de force dans l’emploi d’une technique au maniement difficile est celle d’un maître. Sur un petit sujet et dans un genre qu’il est le premier à mépriser, Welles a su néanmoins retrouver la grandeur et nous prouver une fois de plus son génie. »
(André Bazin  Radio Cinéma – 15 juin 1958).
« Pour retracer cette histoire où s’affrontent éternellement en un combat douteux l’ombre et la lumière, Welles utilise à merveille les splendeurs de l’art baroque. Aussi ne faut-il pas le prendre au pied de la lettre, quand il affirme qu’il a choisi un style baroque uniquement parce que les autres metteurs en scène ne l’ont pas fait. Il y a, au contraire, parfaite adéquation entre la vision d’un monde de démesure et de frénésie et l’expression torturée, saccadée, déformée, de ce monde. »
(Jean DomarchiLes Cahiers du Cinéma – Juillet 1958).

Pointes jointes: Fiche du film et Dossier "Lycéens au cinéma"

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS

Radio Campus Grenoble

13-03-2015 Hits:8517 Partenaires Christophe

Radio Campus Grenoble Bâtiment EVE 701 avenue centrale – Domaine universitaire 38400 Saint Martin d’Hères cedex Tél :04 56 52 85 20

En savoir plus...

Ville de Grenoble

12-12-2014 Hits:9259 Partenaires Christophe

Hôtel de Ville de Grenoble 11, boulevard Jean Pain CS 91066 38021 Grenoble Cedex 1 Tél. 04 76 76 36 36 Fax 04 76 76 39 40

En savoir plus...